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Article paru dans Kespispass
Renda, le type qui jette ses fleurs à la tête des
gens !
Qui ne connait pas Amazonia, celui qui balance des plantes du haut
de son camion en hurlant ?Quel habitué ou non du marché
dominical de la Batte n’a jamais entendu les appels incessants
de cet homme aux cheveux corbeaux s’agitant comme un fou depuis
l’arrière de son camion resté ouvert ?
Mais siii ! Il crie à tue-tête, non il gueule à
qui veut l’entendre (ou non) , que les boutons de ses rosiers
sont clos et qu’il serait bon qu’ils partent . Jamais
? Pas possible ! car Joseph Renda est l’archétype de
l’homme des marchés par excellence .
Sympathique autant que grossier, il vend ses bégonias ,
ficus et marguerites en les jetant à la foule comme des machins
qui le dérangent dans son beau camion rempli à ras
bord dès les petites heures , avec lequel il est certain
de retourner vide de tout... ou presque.
Le plus souvent, il ne regarde pas ou il jette ses vasques et il
n’est pas rare ceux qui, malgré leur mains tendues,
se ramassent un coup dur la tête.
« Depuis quand je fais des marchés ?Depuis toujours,
je ne sais pas ! Mais ce qui est vrai, c’est que j’aime
ça ! « commente-t-il à l’arraché.
Joseph Renda, c’est son nom, mais rare sont ceux parmi la
foule qu’il rameute qui le connaissent autrement que par le
nom inscrit sur son camion blanc, stationné au même
endroit depuis toujours, au pied de la passerelle.
« Allez hein !prends les hein mes fleurs , y te plaît
pas mon palmier ? ! Ben, c’est ça, hein, rigole, je
m’en fous, tu le voudrais même tu l’aurais pas
? Flamind… » Soit, un personnage en soi. Liégeois
dans l’âme et italien dans le sang.
Chaleureux, la tête près du bonnet, amusant ou carrément
vulgaire ,rustre et malpoli, il plaît ! Et chaque dimanche,
la toute grande foule se presse à l’arrière
du camion pour y faire «l’affaire » du siècle.
Il le dit lui même « Evidemment, je donne tout, les
gens , ils s’imaginent même pas le cadeau que je leur
fais, bah... », conclut-il. Mais ne creignez rien, derrière
cet air de viel ours, Renda est un tout autre homme dans sa boutique,
à Grivegnée.Sage, posé. Rien à voir
avec l’homme du dimanche qui crie, hurle sur sa clientèle
qui en redemande. Un vrai « batteux », tout simplement.
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